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Les fêtes de Noël sous l'Ancien Régime

La famille de l'impératrice Marie Thérèse d'AutricheSous l'Ancien Régime, les fêtes étaient essentiellement placées sous le signe de la religion : messes, dévotions, charité.
Ainsi, dès le mois de décembre, Louis XVI et Marie-Antoinette se faisaient un devoir de venir en aide aux pauvres, allant jusqu'à puiser dans leurs fonds personnels pour secourir les démunis.

Le marquis de Dangeau nous apprend que le 24 décembre 1705, Louis XIV fit ses dévotions, alla à vêpres et au salut.

Entre ces offices, le roi fit la distribution des bénéfices. Il soupa à neuf heures, et en sortant de table, il se rendit avec la famille royale à matines et assista aux trois messes de minuit. Le 25 décembre, le roi et la famille royale entendirent la grand'messe, et l'après-midi le sermon et vêpres.
Comme on le voit, le programme de Noël est plutôt "dévot". Pas de réveillon, de sapins ni de cadeaux. Si cadeaux il y a, ils ne sont pas systématiques, même pour les enfants royaux.

Sous Louis XV, le sapin fait une timide apparition avec la reine Marie Leszcynska qui l'introduisit à Versailles. Mais il ne devint réellement populaire qu'au XIXe siècle : la princesse Hélène de Mecklembourg l'apporte à Paris en 1837, après son mariage avec le duc d'Orléans, et fait décorer un sapin aux Tuileries. Cette tradition se généralise dans toute la France après la guerre franco-prussienne de 1870. Les émigrés d'Alsace-Lorraine font connaître la tradition du sapin aux Français. Un adage dit : "Là où il y a une famille alsacienne, il y a un sapin de Noël".

Outre Manche, c'est le prince Albert, époux de la reine Victoria, qui, en 1841, fait dresser un arbre de Noël  au château de Windsor. De la cour, la mode du sapin de Noël se répand alors chez la bourgeoisie puis au sein du peuple.

Quid du 31 décembre ? Comme le 25 décembre, il reste un jour pieux.
Au château de Versailles, dans le cabinet du Pendule, sous le règne de Louis XV et de Louis XVI, le roi, accompagné de la famille royale, attendait minuit pour assister au passage à la nouvelle année. Le pendule, de très belle facture, indiquait l'heure mais aussi le jour, le mois et l'année. Il a d'ailleurs brillamment effectué le passage à l'an 2000. (mais pour des raisons de conservation, il est désormais inactivé)

On le voit, Noël n'était pas encore la grand-messe de la consommation que l'on connaît. C'était plutôt un temps de pénitence et de recueillement. En revanche, il semblerait que la coutume de la dinde aux marrons existait déjà sous Louis XIV. Cet animal importé d'Amérique était élevé à Versailles pour l'occasion. C'est aussi de cette époque que datent les marrons glacés.

Les crèches de Noël, fidèles à la Bible, auraient été encouragées par Louis XIV sous l'influence de la très pieuse madame de Maintenon. Quant aux cartes de voeux, elles seraient également apparues durant cette période.

Voilà, vous savez tout. Joyeux Noël ! :)

Image : Scène de famillle représentant la famille impériale d’Autriche fêtant la Saint-Nicolas, peinte par l’archiduchesse Marie-Christine, soeur de Marie-Antoinette. Saint Nicolas est considéré comme l'ancêtre du père Noël.
De gauche à droite : l’archiduchesse Marie-Christine, l’archiduc Ferdinand, l’archiduchesse Marie-Antoinette (montrant sa poupée préférée), l’archiduc Maximilien (sous la table mangeant des biscuits), l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et François Ier du Saint-Empire