La Chambre d'Ambre

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Rois & reines

Louis XVI

Je débute ici une série de notes sur des personnages historiques. Elles n'ont pas pour objectif d'être savantes ni même exhaustives (il existe pour cela d'autres sites qui le font très bien), mais de donner mon analyse et ma vision de ces personnages.

Je commence par Louis XVI, et pas seulement  parce que c'est l'un des héros de mon roman "Le destin d'une couronne", mais parce que c'est un roi qui me touche beaucoup, voire celui qui me touche le plus. En général, le roi préféré des gens est Louis XIV, flamboyant, charismatique, beau, doué, autoritaire, populaire... mais moi, il ne me touche pas (trop parfait, trop mégalomane ?).

Petite introduction sommaire : Louis XVI, Louis-Auguste de France, surnommé Louis le Dernier ou Louis Capet par les Révolutionnaires, fut roi de France et de Navarre (1774–1791) puis roi des Français (1791–1792), né le 23 août 1754 à Versailles, jugé par la Convention nationale et guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (aujourd'hui, place de la Concorde) à Paris. Il est le fils de Louis de France (1729-1765) et le petit-fils de Louis XV auquel il succède en 1774, et le frère aîné des futurs rois Louis XVIII et Charles X.

Voilà pour les faits. Louis XVI est considéré par beaucoup d'auteurs comme un roi martyr. Selon eux, il est mort en véritable saint, avec beaucoup de courage et de dignité, fervent jusqu'au bout. Sa mort (expiatoire) était nécessaire au peuple en ces temps troublés. J'avoue que je partage assez cette analyse. Il n'a pas fait preuve de bassesse, de lâcheté, non, il a affronté son destin avec foi et l'a accepté. Il n'eut aucune rancoeur envers ceux qui l'avaient maltraité, lui ainsi que sa famille, et fit jurer à son fils de ne pas chercher à venger sa mort.

Louis XVI me touche par ses faiblesses, ses failles, son humanité. ll était indécis, timide, gauche, influençable, asocial, misanthrope, mal dans sa peau, à tendance dépressive... Tout ceci faisait qu'on le prenait pour un bon à rien. Il n'avait pas d'assurance ? Dans une société où tout était basé sur les apparences (eh oui, cela ne date pas d'hier), c'était donc un nul, un minable. Il ne savait pas briller. On le prenait pour un gros bêta, incapable de gouverner, uniquement intéressé par l'horlogerie et les serrures. Même ses propres parents auraient préféré qu'il ne soit pas l'héritier du trône... et il le sentait. L'image d'Epinal de Louis XVI est celle d'un roi gros, balourd, sans envergure.

Ces idées reçues sont bien erronées et ont malheureusement la vie dure, jusqu'à aujourd'hui. Car Louis XVI était intelligent, très instruit, peut-être le plus instruit des Bourbons (Bordonove a dit que s'il avait vécu aujourd'hui, il aurait été polytechnicien). C'était un brillant scientifique, passionné de marine, de géographie, de mécanique... Mais comme il ne disait rien, on le croyait bête. Il ne devint enrobé que sur la fin de sa vie, avec la dépression et l'anxiété, mais avant cela il fut mince et surtout très grand pour l'époque (alors que tous les films choisissent des acteurs petits pour jouer son rôle !!).

C'était aussi un très bon père, aimant, attentionné, qui chérissait ses enfants plus que tout au monde, veillait personnellement à leur éducation.  Il aimait profondément son peuple et se refusa toujours à faire couler son sang, ce qui se retourna contre lui (Bonaparte, en le voyant ne pas réprimer violemment les émeutes, pensa qu'il était bien "couillon", pardonnez l'expression...).

Enfin, il aurait pu être le meilleur roi pour la Révolution car il était réformateur, soucieux du bien-être du peuple : abolition de la torture en 1781 et 1788, abolition du servage dans le domaine royal en 1779, abolition du péage corporel des juifs d'Alsace en 1784, édit de tolérance des protestants en 1787, instauration d'un impôt direct égalitaire... Hélas, il n'avait pas la poigne et l'étoffe d'un souverain et ne sut pas faire face à la machine révolutionnaire, la comprenant mal.

Le 24 février 2010, France 2 diffusa en prime-time un téléfilm historique consacré à la fuite de Louis XVI à Varennes, « L’évasion de Louis XVI », deuxième volet de la collection « Ce jour-là, tout a changé » consacrée aux grandes journées de l’Histoire de France.
 
 
 

Ce film montrait enfin un Louis XVI débarrassé des préjugés habituels. Et pour cause, Jean-Christian Petitfils, le meilleur biographe du roi, a été conseiller du film. Il a tenté de montrer ses qualités, celles que le grand public connaît peu. Hélas, comme on devait s'y attendre, la presse, si accrochée à ses préjugés, considéra que Louis XVI avait été délesté de ses défauts, bref que ce n'était pas fiable et pas objectif...

A chaque fois que l'on donne une image moins négative que celle de l'inconscient populaire, il faut qu'elle soit remis en cause, controversée, et l'on est taxé de contre-révolutionnaire ou de royaliste. Le téléfilm a donc suscité la polémique. Il faut croire que, 220 ans plus tard, c'est un sujet qui passionne encore trop l'opinion...

Point positif : apparemment le film aurait quand même séduit des téléspectateurs et le lendemain de la diffusion, la biographie de Louis XVI fut en rupture de stock dans de nombreuses FNAC. C'est toujours mieux que les gens jugent par eux-mêmes.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire (voir couvertures ci-dessus) :
- Louis XVI de Jean-Christian Petitfils
- Louis XVI : Le roi-martyr de Georges Bordonove